[Escalade] La bonne pratique, la bonne éthique : grimper en salle (Part. 1) par Kévin Piesset

L’escalade, ce magnifique sport de nature mêlant sensation, émotion et paysages infinis est entré depuis plus de 25 ans dans une ère de pratique Indoor avec des salles de plus en plus belles et de plus en plus grandes. Mais alors que reste-t’il de cette pratique d’extérieur dans la pratique de la grimpe en salle ? Quelle est la bonne pratique, la bonne éthique en SAE (structure artificielle d’escalade) ?
Professionnel de la grimpe autant en intérieur qu’en extérieur, notre ambassadeur Approach Outdoor, Kévin Piesset, vous propose son point de vue, sa façon de voir les choses.

 « Je suis un grimpeur de voie »

En moulinette ou en tête, l’ascension est considérée comme réussie lorsque la toute dernière prise de la voie est atteinte avec tout de même quelques nuances.

Pour une voie en moulinette, l’ascension doit se faire sans avoir une corde tendue dans laquelle le grimpeur peut se reposer ou s’aider. Permettant de grimper plus détendu et moins stressé par un vol possible en cas de chute, la pratique en moulinette ne peut pas permettre de réellement évaluer le niveau du grimpeur. Mais cela permet à tout le monde, à tout âge et quel que soit le niveau de grimper.

Pour une voie en tête, l’ascension doit se faire en clippant chaque dégaine et la voie est réussie lorsque le relai au sommet est clippé. Ici, le niveau du grimpeur peut réellement être évalué. Selon moi, un grimpeur peut être catégorisé dans une cotation lorsqu’il réalise 9 voies sur 10 dans ce niveau là.

 « Je suis un bloqueur »

Plus physique et plus technique, le bloc permet au grimpeur d’exploiter tout son savoir faire dans une dizaine de mouvements. Cette discipline, à part entière, de l’escalade possède elle aussi ses règles de bonne pratique.

 

 

Tout d’abord, les prises de départ ont toute leur importance. C’est elles qui vont définir le début du tracé, la position de départ et les premiers mouvements. Le bloc ne peut pas être considéré comme effectué dans son intégralité et dans sa difficulté si les prises de départ ne sont pas utilisées car un à deux mouvements de la dizaine à réaliser sont supprimés.

Le bloc est réalisé lorsqu’en partant du départ, le grimpeur parvient jusqu’à la dernière prise du tracé et se stabilise avec le contact des 2 mains pendant au moins 3 secondes.

Le gros avantage du bloc en SAE est de disposer d’un énorme matelas qui tapisse le sol. Bien loin du petit crash pad utilisé en bloc naturel, ce gros matelas permet de réaliser des mouvements plus engagés avec plus de sécurité. La sécurité, quant à elle, n’est pas pour autant complète. En effet, rares sont ceux qui vont réaliser une parade du grimpeur afin de sécuriser sa chute qui, lorsque la réception est mauvaise, donne lieu à de jolies fractures ou entorses…

 « Je fais de la voie mais tout seul ! »

Et oui, c’est une pratique qui se répand de plus en plus dans les salles. On peut voir des grimpeurs réaliser l’ascension de voie de 10-12 mètres sans assureurs. Non, non, il ne sont pas en solo mais ils sont assurés par un système mécanique.

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Le principe est simple : le grimpeur va accrocher sur son baudrier un mousqueton de sécurité lui-même relié à une sangle elle-même attachée à un boitier (un enrouleur).

Les précurseurs de la discipline n’en croiraient pas leurs yeux. Où est passé l’âme de la pratique ? Plus de cordée, plus d’interaction grimpeur-assureur, une pratique individuelle.

Je dois l’avouer, mon point de vue sur ces installations était très négatif. Pour moi, nous ne parlions plus d’escalade.

Pourtant, mon opinion a évolué. En effet, la salle dans laquelle je travaille (Climb up Aix-en-Provence) est équipée de 10 systèmes de ce genre. Et force est de constater que cela fonctionne en permanence !

Alors j’ai essayé et il est vrai que l’on peut finalement trouver un intérêt à ces installations.

Que l’on soit bien d’accord, je ne considère pas faire de l’escalade lorsque je grimpe sur les enrouleurs mais je vois plus cela comme « une machine d’entraînement », comme je pourrais m’exercer sur un banc de musculation ou un pan gullich, les enrouleurs sont l’outil parfait pour travailler l’endurance et la résistance dans la grimpe. A défaut d’avoir un assureur qui va vous assurer pendant que vous enchaînez les longueurs en continu, ici c’est un appareil qui vous assure. Vous pouvez donc venir faire votre séance seul.

 

En conclusion

Pour conclure cet article, je dirai que la pratique de la grimpe en salle est aujourd’hui une pratique presque incontournable du grimpeur moderne. Cependant, il est vital pour l’histoire et la vie de l’escalade de garder en mémoire que la salle doit rester une pratique d’entraînement pour mieux grimper en extérieur.

 

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