[Ski de rando] Pratiquer au féminin : Rencontre avec Caroline Freslon

Les femmes sont de plus en plus mises à l’honneur sur le marché du ski de rando. Cet hiver 2015 est notamment marqué par l’arrivée de gammes de produits qui leur sont spécialement dédiés par les marques phares Zag et Trab.
Mise en lumière sur cette féminisation d’un sport qui a pu, longtemps, sembler réservé aux hommes avec Caroline Freslon. Cette jeune accompagnatrice en montagne, spécialisée dans le trail running, fait du ski de rando depuis de nombreuses années. L’an dernier, elle a décidé également de s’adonner au ski alpinisme (version compétition du ski de rando). Elle nous parle de sa pratique de ce sport en tant que femme.

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Caroline Freslon, accompagnatrice en montagne et pratiquante de ski de rando

Approach : Caroline, pourriez-vous nous expliquer votre parcours ?

Caro Freslon : Je pratique le ski de rando en compétition car c’est un bon moyen pour moi de me « défouler » l’hiver. Aujourd’hui je m’inscris sur les courses dans une logique de plaisir et de dépassement, mais le résultat n’est pas la priorité, même si un podium et une victoire font toujours plaisir.

Je fais du trail depuis maintenant 10 ans. J’ai commencé en faisant pas mal de courses (de 30 à 80km en moyenne) et de fil en aiguille, c’est devenu mon métier. Aujourd’hui, je suis accompagnatrice en montagne et j’organise, depuis 2010, des stages de trail pour les particuliers qui souhaitent découvrir ce sport ou préparer des courses. De ce fait, j’ai réduit ma pratique personnelle et le nombre de courses auxquelles je participe en trail au profit de mon métier. Du coup, l’hiver, je profite de la saison creuse pour faire des courses en ski !

J’ai eu la chance de faire quelques résultats sur des courses sympas en solo ou en duo et surtout, j’ai réalisé un vieux rêve : participer à la Pierra Menta, cette course mythique. Cerise sur le gâteau, c’était l’année des 30 ans de la course et je l’ai vécu de la plus belle des manières : sous le soleil, avec de la neige et une super copine comme équipière. Bref, le Top !

Approach : Quand et comment avez-vous découvert le ski de rando ?

Caro Freslon : Quand j’étais jeune, j’étais fan de ski hors piste pour le côté fun, sauvage et technique. D’un naturel sportif et avec le goût de l’effort qui me caractérise, j’ai naturellement été attirée par le ski de rando lorsque j’avais 15/16 ans. Disons que je suis particulièrement assidue depuis 5 ou 6 ans car je vis à la montagne et que mon terrain de jeu se trouve au pied de la maison.

 

Approach : Quelle pratique avez-vous de ce sport ?

Caro Freslon : Je suis un peu à la frontière de plusieurs tendances dans ce sport : j’ai un côté compétitrice tendance « collant pipette » lorsque je sors seule ou en stage avec mon club « Chamonix Ski Alpinisme », ou alors quand je prends le départ de courses comme la Pierra Menta ou les Millet Ski Touring de Courchevel. C’est un bon moyen de garder la condition physique et de se dépenser sans compter. Mais, j’ai aussi la casquette de « free-randonneuse » : j’aime passer du temps en montagne avec les copains, à étudier les meilleures pentes et à chercher la bonne peuf, en emportant dans le sac une tranche de pain, un morceau de fromage et la bouteille de rouge.

L’année dernière j’ai eu la chance d’être invitée par la joyeuse bande de freerideurs de « Bon appétit » pour faire le tour de la Tarentaise. C’était une expérience sympa et un beau mélange des genres. Ce type de démarche révèle bien la multitude des cultures et pratiques qui entourent le ski de rando. Je trouve cela vraiment génial et j’aime faire le caméléon, passer du collant de compétition au pantalon de montagne.

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« Le ski de rando demande une réelle connaissance de la montagne« 

Approach : Quelles évolutions principales a connu cette activité ?

Caro Freslon : Je dirais que  ce sport se démocratise et attire de plus en plus les sportifs en mal de nature. C’est super pour la pratique et ça montre bien l’intérêt des gens pour le versant « sauvage » de la montagne en hiver, loin des pistes damées et des remonte-pentes. Néanmoins, le ski de rando demande une réelle connaissance de la montagne et de la nivologie ! On évolue dans un milieu incertain et non sécurisé… Il faut donc prendre cette pratique avec la plus grande prudence et ne pas hésiter à partir accompagné par des pros lorsqu’on ne connaît pas la montagne l’hiver.

 

Approach : Y’a-t-il une évolution du matériel avec la féminisation de ce sport ? Chaussure féminine, ski féminin, coupe textile spécifique… ?

Caro Freslon : Je pense que les marques ont bien compris l’intérêt de proposer des produits spécifiques à nous les femmes, car nous sommes nombreuses à pratiquer. Ceci dit, il y a encore pas mal de travail pour accéder à des produits variés, jolis et aussi techniques qu’au rayon homme…

 

Approach : Quel regard portez-vous sur la pratique masculine de ce sport ? Le ski de rando est-il un milieu masculin ?

Caro Freslon : J’ai toujours refusé la comparaison, car je pense que nous avons tout à fait notre place dans ce sport. Je n’aime pas trop faire la différence entre les deux sexes parce que, pour moi, il n’y en a pas. Mais effectivement, je ne peux pas dire le contraire, on voit plus d’hommes que de femmes sur les skis de rando, notamment sur les compétitions. Je pense que la raison est à aller chercher dans notre culture. Mais celle-ci est en train de changer et la pratique féminine du ski de rando a de beaux jours devant elle !

Approach : Skiez-vous plutôt avec un groupe d’hommes, de femmes, ou un groupe mixte ? 

Caro Freslon : Par la force des choses, je skie plus souvent avec des hommes car mon réseau de copains est quasiment exclusivement masculin (à quelques exceptions près, bien sûr). Néanmoins, je note que nous sommes de plus en plus nombreuses dans mon club de ski alpinisme et nous organisons même des regroupements « spécial filles » chaque année.

 

Approach : Selon vous, y’a-t-il une différence entre homme et femme en ski de rando ? Au niveaux de l’évaluation du risque, du type de rando, de la motivation etc. ?

Caro Freslon : Les regroupements « spécial filles » sont l’occasion pour moi de skier avec mes homologues et de constater qu’il n’y a pas de différence. Peut-être que, de façon générale, les filles ont plus de mal avec le volet compétition par manque de confiance ou par manque de temps tout simplement… Pour ce qui est de l’évaluation du risque, je pense que c’est plus une question de personnalité et de connaissance que de sexe. Je connais des gars qui sont bien plus prudents que certaines filles.

 

Merci Caroline.

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One Comment

  1. Caro toujours au top!!! 😉
    Merci à Approach de parler de ski de rando au féminin!

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