Skitrab : la tête et les jambes.

Retour sur deux jours de découverte de l’usine Skitrab et du Ski de rando à Bormio.

Le Silence. Il règne dans le refuge à mon réveil ce silence, le silence de la neige… Un silence propice à la méditation.

Par l’étroite fenêtre de la chambre, je vois les sommets qui nous entourent. Ils sont encore dans le brouillard. La neige virevolte au dehors. Malgré cela, le paysage de ce massif alpin des Dolomites est magnifique.

Ce matin-là, levée 7h00. Le départ pour ma première sortie en ski de randonnée est fixé à 8h00. Dans la salle à manger, l’ambiance est calme. Tout en buvant mon thé, j’essaie de me concentrer. Pour moi, cette première sortie est un véritable défi ! Certes, il y a bien longtemps que je souhaitais essayer le ski de rando, mais les conditions dans lesquelles je vais vivre cette première expérience sont peu ordinaires.

Quinze jours auparavant, j’ai reçu une invitation et quelle invitation : passer deux jours à Bormio en Italie avec des membres de l’équipe d’Approach Outdoor et d’autres enseignes spécialisées dans l’équipement sportif de montagne, pour découvrir l’usine de fabrication de ski de rando Skitrab et tester les skis conçus et fabriqués dans ses ateliers…

8h30 : malgré les conditions météo, nous prenons le départ. Une à une, j’enfile les chaussures de ski. À ma grande surprise, elles sont bien plus légères que les chaussures que j’utilise pour le ski de piste. L’image que j’avais du ski de rando avec des boulets à traîner au bout de chaque pied est en train de tomber. Un peu maladroite avec les crochets, je dois me faire aider par mes coéquipiers. Ils les positionnent en mode « marche » pour attaquer la montée.

La paire de ski Maestro que me fournit Skitrab est ultralégère, elle aussi. Pour moi, à présent, le challenge est d’être à la hauteur des skis que je vais chausser, à la hauteur de l’exigence qualité dans la fabrication des skis que j’ai découverte la veille lors de la visite de l’usine Skitrab.

Le temps d’apprendre à coller les fameuses peaux de phoque et nous voilà partis. Je mets mes skis dans les traces de ceux qui me précèdent. J’observe. Je veille. J’imite les mouvements qui me sont montrés. J’écoute les conseils qui me sont lancés. De-ci. De-là. Pour adopter un mouvement convenable. L’espace d’un instant, je retrouve cette sensation éprouvée enfant, en apprenant à skier dans les traces de mon père.

Sur un rythme régulier, nous montons dans le brouillard. L’immensité s’offre à nous. Et en même temps, à chaque pas, je suis un peu plus présente à moi-même. L’effort est agréable, les skis se font complètement oublier. Je comprends alors toute la valeur du travail artisanal de ces fabricants italiens…

Des skis entièrement conçus, développés, fabriqués et testés dans l’usine Skitrab de Bormio. Des skis montés un à un. Quatorze couches de matériaux choisis pour leur légèreté extrême et leur résistance. Autour du noyau en nid d’abeille aramide, les différentes couches de fibres de carbone en renfort pour garantir plus de rigidité et moins de vibration.

Dans les moments plus techniques, je profite des conseils de ces dix-huit professionnels de l’équipement de ski de rando. Je suis choyée, entourée, assurée. Le monde de la montagne m’offre sa solidarité.

Seul moment de solitude un passage plus compliqué. Le guide demande de s’espacer de 10 mètres. Monter est alors plus difficile. Le rythme de mes prédécesseurs me manque. Mon souffle est court. Mais cela ne dure pas. Le passage est trop délicat. Le guide annonce qu’il faut faire demi-tour et amorcer la descente.

La joie s’empare de moi. La descente tant attendue. Je vais retrouver mes repères de skieuse de piste. Pourtant, là encore, l’image que je me faisais du ski de rando s’effrite. Mes skis sont si légers que je perds ma stabilité. La neige fraîche et le brouillard n’arrangent rien. Je suis en perte de repères. J’avance quand même dans cette immensité blanche mais je regrette déjà le plaisir que la montée m’a procuré. Je m’entends la semaine d’avant sur les pistes de ski dire à mes filles de tourner. Aujourd’hui, c’est moi qui suis tétanisée… et ravie de retomber en enfance !

Flo*

2 Comments

  1. Beau texte. Alors ? La saison 2013/2014 sera “peau de phoque” ?

  2. @ Michel : elle le sera 😉

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